Le Glacis en général.

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Le Glacis en général.

Message par Admin Nanou le Mar 25 Mai - 21:29

Un glacis ressemble, comme son nom l'indique, à de la glace. C' est une couche de peinture solide et transparente, souvent teintée par le peintre. Certains auteurs évoquent la brillance ou le satiné comme des aspects typiques des glacis, mais de fait il faut bien se résoudre au fait qu'il existe des glacis mats.

L'étymologie de ce terme ne doit pas nous induire en erreur : le glacis n'a nullement vocation de "geler" une œuvre comme pourrait le faire un vernis. La traduction en allemand de ce mot, Lasur, qui réfère à l'azur (et donne en français le terme lasure) a ceci d'intéressant qu'elle évoque la transparence, certainement la propriété la plus caractéristique des glacis alors que le mot laque a, lui, tellement vu son sens s'altérer qu'il désigne aujourd'hui des surfaces picturales pouvant être opaques.

En ce qui concerne les arts décoratifs, on mentionnera l'apparition au XIXème siècle des "glacis à l'huile", mélanges d'huile de lin, de craie et de pigments (un mélange qui ne doit pas forcément être conseillé pour les travaux artistiques), alors que les "glacis à l'eau", toujours dans le domaine décoratif, sont des procédés artisanaux éphémères dont la fabrication en atelier, peu coûteuse, toujours pratiquée de nos jours, n'est guère aisée.

Types de glacis

Le glacis, la transparence, créent une impression de profondeur et de mystère. Partant de cette constatation, distinguons trois types de glacis :

* les glacis flous. Ils sont souvent produits, en peinture à l'huile, par l'adjonction de standolie mais aussi de chaux en bonne quantité. En ce qui concerne les peintures aqueuses, un équivalent pourrait être l'agent diffuseur, en acrylique

* les glacis nets, jouant sur les matières. Le médium cristal, les produits contenant de la silice colloïdale sont tout indiqués. La cire, même en quantité faible, peut également produire ce type d'effets. Certains gels-médiums donnent des résultats à peu près équivalents en peinture acrylique. Le coup de brosse reste visible

* les glacis épais, nets ou flous, accentuant l'impression de profondeur. En peinture à l'huile, ils sont produits à l' de médiums-gels, de liants "travaillés" ou de médiums faits maison. En peinture acrylique, l'emploi de gels épais est tout indiqué pour obtenir ce type d'effets.

Application des glacis

C'est un vaste sujet. Nous ne nous étendrons pas sur les choix possibles dans le domaine artistique tellement ils sont nombreux.

Par contre, en peinture décorative, le glacis correspond à une technique un peu plus définie. Il est généralement réalisé soit avec de la peinture à l'huile, soit avec un liant à base de bière et de farine, soit avec de l'acrylique adjointe d'un retardateur de séchage.

Généralement, la peinture dilué, mais certainement moins fluide que dans le domaine artistique (parce qu'il s'agit de traiter des surfaces systématiquement verticales) est d'abord appliquée à la brosse de manière grossière.

Elle est alors étalée puis lissée (presque par retrait, en "dépouillé" *) à l' d'une brosse à adoucir.

*Cette technique s'effectuant par retrait est réalisée en deux temps :
* couvrir intégralement la surface de peinture
* dans le frais, retirer la peinture à l' d'un outil propre pouvant être une éponge (très courant), un chiffon, une brosse, etc.
Selon
* le degré de dilution de la peinture et le stade de séchage au moment du retrait,
* la quantité de diluant contenue dans l'outil de retrait et la fréquence du nettoyage de celui-ci,
on peut faire varier considérablement la clarté et la netteté du résultat, notamment en ce qui concerne les imprimés (empreintes de l'éponge, du chiffon).
En fait, par extension, tout retrait de peinture dans le frais est considéré comme un dépouillage.

Le glacis pose un problème récurent en peinture, particulièrement en peinture à l'huile mais aussi en techniques mixtes : il doit théoriquement toujours être au moins aussi gras, sinon plus gras, que la couche inférieure (règle importante en peinture : gras sur maigre). Il vaut donc mieux éviter de poser des couches inférieures trop grasses. Pour la même raison, les "glacis de finition" sont souvent assez gras (présence de standolie, notamment).

De plus, la plupart des résines utilisées pour les glacis à l'huile ont un pouvoir liant qui s'ajoute ou se substitue partiellement à celui de l'huile. Un glacis très résineux est relativement gras, mais moins qu'un glacis fortement chargé d'huile. Certaines résines, même tendres, sont cependant un peu cassantes. C'est pour cette raison que l'on adjoint quand même assez souvent de l'huile et/ou des oléorésines en quantités très variables. Nous conseillons cependant de n'utiliser qu'une dose minime de ces substances-là, surtout pour les premières couches, pour plusieurs raisons :

* sans cela, le temps de séchage s'allonge démesurément, ce qui est gênant lorsque l'on souhaite travailler par couches superposées, d'autant plus que le séchage doit souvent être opéré à l'horizontale

* risquer d'aller trop vite vers le gras est inutile, sauf support très souples (coton, toile tendue, papier mou) et autres cas particuliers. Le gras est souple, c'est vrai, mais le "relativement maigre" n'est pas aussi rigide qu'une peinture à la chaux ou à la caséine par exemple, c'est-à-dire que le gras ne s'impose que dans des cas particulièrement extrêmes, particulièrement dans les premières couches

* les huiles à peindre sont toutes colorées, de même que les oléorésines sauf le baume du Canada, que l'on n'utilise pas n'importe comment. Il faut donc tenir compte du jaunissement qui s'accroît au fil des couches trop riches en huiles.

Dans le domaine des peintures aqueuses ou à la gomme laque+éthanol, ces problèmes ne se posent pas.

Le glacis et les "laques"

Les couleurs de type "laques", particulièrement transparentes, sont souvent employées en glacis . De nos jours, il s'agit
* de pigments très colorants mais peu couvrants (pigments organiques notamment), nécessitant une charge incolore transparente assez faible, voire aucune charge
* de pigments plus ou moins colorants mais opaques (souvent minéraux), pour lesquels l'emploi de charges incolores en quantité un peu plus importante est nécessaire.

Dans le premier cas, il ne faut pas ajouter trop d'huile (ou autre liant) au broyage (au liage), rendant la couleur trop grasse car il s'agit là d'un réflexe normal qu'il faut maîtriser. Il est possiblement l'une des origines de la réputation de mauvaise siccativité des laques liées à l'huile.

Dans le second cas, la présence accentuée de la charge incolore peut rendre nécessaire l'ajout au broyage d'une quantité de liant correspondant à peu près à celle qui est employée pour un pigment moyen, mais tout dépend de la nature colloïdale ou cristalloïde de la charge. Un cristalloïde ne nécessite pas une adjonction importante de liant mais pose des problèmes de fragilisation alors qu'une charge colloïde peut à peu près être traitée comme un pigment.

Ces questions ne se posent guère avec les peintures qui sèchent plus rapidement que le procédé à l'huile.
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